Internats d’excellence dans le collimateur

La ministre George Pau-Langevin critique les internats d’excellence.

George Pau-Langevin. (photo afp)

La ministre déléguée à la Réussite éducative fait étape aujourd’hui à Bordeaux. Elle évoquera la scolarisation des enfants handicapés, la pédagogie et les établissements innovants.

La scolarisation des élèves handicapés en milieu ordinaire est toujours aussi difficile ?

Lorsque Ségolène Royal a entrepris de scolariser les enfants porteurs de handicap, cela a été un bouleversement. Même si nous ne sommes pas totalement satisfaits aujourd’hui, il faut déjà se réjouir du chemin parcouru. Le fait de pouvoir scolariser ces enfants est acquis. Ce que nous avons à faire désormais est d’arriver à harmoniser le travail des Maisons départementales du handicap et de l’éducation nationale. Pour l’instant, les unes prescrivent et les autres exécutent. Par ailleurs, il est difficile pour les professeurs d’école de suivre tel ou tel élève porteur d’un trouble pour lequel il n’est pas préparé. Notre priorité est de mettre sur pied un véritable métier d’accompagnement d’enfant porteur de handicap. Enfin, un rapport de l’inspection générale doit nous permettre de faire le point, par exemple sur le nombre exact d’enfants handicapés qui ne peuvent être scolarisés.

Il vous faudra beaucoup d’argent pour tenir cet objectif ?

Effectivement, l’intégration des enfants en situation de handicap a un coût non négligeable et le ministère fera au mieux avec ses moyens.

Sur le décrochage scolaire, que pouvez-vous faire de plus que le gouvernement précédent ?

C’est le point noir de notre système. L’objectif est de réduire de moitié le nombre de jeunes en décrochage scolaire, environ 150 000 chaque année. L’erreur du gouvernement précédent a été de vouloir lier échec scolaire et délinquance. Il faut maintenant les dissocier. Par ailleurs, les internats d’excellence, sur lesquels le gouvernement précédent avait mis l’accent, ont beaucoup de moyens pour aider quelques enfants. Je reste dubitative sur l’idée de l’excellence, de concentrer la majeure partie des moyens sur quelques-uns,

Vous allez supprimer les internats d’excellence ?

C’est beaucoup d’argent pour peu d’enfants. Mais d’autres questions sont aussi importantes, comme celle des structures qui ont des pédagogies originales, tel Clisthène à Bordeaux. Il serait souhaitable qu’elles soient reproductibles et que les bonnes pratiques puissent s’échanger. Pour cela, nous envisageons de remettre sur pied un conseil de la création et de la réussite éducatives.