Le Marathon des mots
Poèmes des élèves de 6ème  rédigés avec David Dumortier

Jeudi 04/11
Le chemin et le tissu

Satan est une chemise
Un matin, vers un chemin de fer, dans les bois, je trouvai une chemise par terre :
-Ramasse-moi !
Je levai la tête :
-Qui c’est?
Je regardai la chemise fixement.
-Qu’as-tu à me regarder ?
-Mais tu parles !
-Non, je ris.
Ramasse-moi, emmène-moi, porte-moi, lave-moi, je suis le chemin de fer.
Je compris que j’avais une chemise vivante entre les mains.
Alors, je la mis et le chemin de chemise prit possession de moi.
Titouan

Quand je passe dans l’ascenseur, c’est comme un nuage de laine qui s’emballe
Sur le chemin de l’école de mes petits frères, j’entends les cris des enfants qui sonnent comme des zips de fermeture-éclair.
Et quand je marche jusqu’au collège, on dirait un tissu de soie qui se déroule sous mes pieds.
Parfois, je passe à côté des maisons, j’entends les aspirateurs qui font des bruits de machine à coudre.
A côté de la pisine, les bonnet claquent sous les têtes.
Quand le vent souffle, c’est comme si les gens repassaient leurs vêtements
Je marche toujours sur ce tapis qui se déroule devant moi.
Kévin

Ce petit chemin cousu de pierre et d’herbe
Lézard, fourmi, marmotte se croisent
noir le soir comme un tissu sombre
La nuit éternelle s’impose
Ce petit chemin de tissu sur une terre cousue
Faune exotique du petit chemin de pierre
Je marche, je marche sur une planète de cuivre
Petite terre au coeur fragile boutonné
il ne faut pas l’abimer
Le ciel est clair
Je me range dans ma poche
Ynel

Allez ! Je m’y mets !
Ce dessin qui représente un chemin me met au parfum !

Ce fil de pierre a beaucoup de boutonnières
Au milieu de la couture, il y a une belle ceinture
Et au bout de cette cour
cousue de velours
un col en forme d’auréole

Cette illustration exquise
Est fixée entre deux étiquettes
C’est elle! C’est ma chemise !
Le chemise de la Cosette !
Fatou

Quand je descends les escaliers, c’est comme si je descendais sur du lin :
arrivé en bas, je prends le chemin de soie pour aller au centre des vêtements.
Sur le chemin de ma cravate, j’avance en décorant mon sourire. Mon arrivée au collège est un papillon.
Sami

Sur la laine de l’allée du matin
Je marche
heureuse
Je salis mon beau pantalon
la fermeture du chemin se déchire
Je ceuille un beau bouton de couleur rouge
Cynthia

Dans cette allée de boutonnières
Je prends la soie dans le vent du matin
Mais cette laine me regarde tous les jours !
Et cette laine me fait peur !
Et les nuages de rayures sont tellement beaux !
Et les racines ressortent des boutons de velours !
Anne -Charlotte

Le cour de Verdun
l’écharpe de la ville
qui lui maintient la tête droite
qui lui tient chaud en hiver
le fil lumineux qui maintient tous les autres
La rayure !
Et quand j’y mets le pied
quand je marche dans le brouillard
que je ne vois pas l’arbre suivant
le bonheur naît en moi
tel un manteau réconfortant
mais quand j’arrive à Paul Doumer
le froid se réempare de moi
mon bonheur disparaît.
Virgile
Je suivis la voie du col
tout en rayures, il était là !
La fermeture sombre de la cravate était une onde de coton
Les ciseaux tapaient les couturiers et les bonnets
Le ciré serré se délavait
La soie sombre s’habillait de toute sa beauté
et moi, je regardais la rue des étiquettes.
Jeanne

Quand je marche
Dans cette allée
tous les matins
De loin
Je vois des points de coton
Des bleus, des roses, des jaunes
Je les regarde
Et j’ai des symboles en retour
En hiver, un petit cou de soie passe devant moi
Dans le ciel, de la lumière,
sous nos pieds, l’ombre
La vie qui défile
comme un voile longeant les murs

et je plante l’aiguille dans le coeur de la chemise.
Noémie

Sur le porte-manteaux du chemin, le matin, je marche
Sur la fermeture de l’allée, l’après-midi, je m’assois
Sur le noeud papillon du chemin, je me couche
Sur les rayures de l’allée, je cours
Sur la ceinture du chemin, je me mets du rouge à lèvres
Sur le pantalon, je marche sous le soleil.
Esméralda

Mon avenir, je le couds sur le chemin de l’école comme la couturière coud les pantalons.
Mon avenir, je le trace comme un fil de tissu sur une longue bande de goudron.
Mon avenir, je pense tout le temps que c’est un long fil de soie
dont la difficulté s’accroît de plus en plus
alors que le temps ne fait que passer
Mon avenir, en primaire sur la route de l’école, je commençais à le bâtir
Mon père n’arrêtait pas de me dire que le temps est comme un bouton :
si tu ne le déboutonnes pas, c’est lui qui te déboutonnera.
youcef

Quand tu rentres chez toi, c’est comme quand tu tisses de la laine
ça prend beaucoup de temps !
Tu le fais avec attention,
tu ne débordes pas du trottoir,
comme quand tu tisses de la laine.
Tu tisses, tu marches, tu tisses, tu marches
et quand tu rentres chez toi
tu es tellement content que tu cours
et ton chemin se déchire.
Léo

Vendredi 05/11
Le dessin des mots

VESTE
C’est l’histoire d’un petit garçon
un garçon qui a les bras en V
Car il est content

Il a les bras rayés
De bleu turquoise et de blanc
Parce que ça forme des E de couleur

Il danse, il danse tellement
Qu’il ressemble à un S qui se tortille
et casse le T de sa fermeture

Maintenant il est malheureux, il a déchiré sa veste.

Fatou

CLOWN
Le O forme le nez rouge
Le L, la longue chaussure du clown,
L’autre, il l’a jeté sur la scène
Le W et Le N sont les acrobaties du clown sur le cirque qu’est le C.
Mais où est le chapiteau ?
Si on le rajoutait, il faudrait mettre un accent circonflexe sur le O.
Ihssane

LUNETTES
Les lunettes, vous voyez bien que c’est net
LU évidemment
C’est pour lire ou pour voir la lune dans la nuit
Voyez-vous bien que dans le mot lunettes
Les deux T majuscules forment le nez
Pour poser les lunettes
Les deux E ce sont les yeux
Pour les voir maintenant,
il ne manque plus que des lunettes

Salomé

FEUILLE
Dans ce mot, on entend le son fff des feuilles, les LL sont les arbres sur lesquels sont accrochées les feuilles. Le U fait quasiment la forme de la feuille sur laquelle on écrit ou alors, c’est un nid, un nid de feuilles.
Aïssa

ARC-EN-CIEL
Quand nous faisons de l’art
Nous sommes des artistes
Dessiner l’arc-en-ciel vaut toutes les couleurs du ciel
Quand les anges prennent leur arc
Ils visent notre tableau
Pour nous dire qu’il est très beau
Kévin

île
Le î est une fusée de détresse
qui part
Le L est l’île avec un palmier
et le E est l’homme qui court
Car il veut rentrer chez lui
Léo

Vallée
Le V : la vallée de l’alphabet
Le livre de la langue française
Mais aujourd’hui, on ne parlera pas de cela
Ce dont on va parler, c’est du V de vallée
et de la montagne A
avec son sommet enneigé
Il aurait fallu mettre un A avant le V
Mais en y réfléchissant bien
C’est mieux comme cela

CHEF
Le H commande tout le mot, confortablement installé dans son immeuble qui est le F. Le H demande au E et au C de travailler à sa place. Le E s’occupe de l’entretien du F. Quant au C, il fait le clown pour le H.
Paco Rufas

SOEUR

Le E est le petit qui s’accroche au ventre de sa soeur.
Paco B

MONTAGNE
Vous voyez ce grand M dans le mot montagne ?
Et bien, il forme deux grandes montagnes
Le O, on dirait une personne qui roule du haut de la montagne
Le N dessine deux petites montagnes
Le T : on dirait deux télé-sièges.
Cynthia

ABRICOT
ce noyau qui est enfermé dans cet abricot veut respirer
Le C va le manger pour le libérer
Notre fameux T va l’enterrer pour le faire pousser et le récolter
Le B de Bricolage va cueillir l’abricot
Justement, le C de Bricolage sert de rateau
Le i c’est l’arbre, vous savez l’arbre où pousse l’abricot !
Doriane

ARCACHON
Les lettres C sont des bassins
Le O est un banc de poissons
Les A sont des bâteaux qui naviguent
Le R est une plage où l’on se repose
Le N, un terrain de volley, on s’amuse sur la plage
Le H, une ancre qui coule dans l’eau
Alexia

FOOTBALL
On aurait bien écrit Fotball puisqu’il n’a qu’un ballon mais c’est la langue américaine  : on ne peut rien y faire. Les deux LL font les jambes qui veulent passer mais T, B, A sont les défenseurs qui ne le laissent pas passer.
Sami

BOUCHE
Il se trouve que dans le mot bouche, il y a une bouche ! Si on met BO  au féminin, ça fait une belle bouche !
Léandra

Même
Je suis surnommé pareil : en même temps, j’ai deux m…
Noémie

Enfance
Evidemment, le mot enfance, nous rappelle notre enfance
grâce au f qui fait penser à la balançoire, au c de berceau mais surtout au e d’école, au c de collège
tous ces bons moments pssés
Nos bonnes ou mauvaises notes, nos bêtises et nos farces
Le mot enfance à la verticale donne un enfant
Le e fait la tête, le n tord le cou, le f tend les bras, le e a les pieds joints
Mais où sont passées les jambes ?
Et oui, le mot enfance a ses défauts
Comme nous !
Hippolyte